On a coutume de toujours penser aux fleurs quand on pense au parfum. Si ce lien est logique, il serait fortement réducteur de s'y limiter. Ce serait surtout oublier que la plupart de nos célèbres flacons renferment des extraits d'origines aussi diverses qu'inattendues.

A côté de la rose, du jasmin, de l'iris ou de la vanille, on trouve en effet feuilles, racines, écorces, bois, résines, fruits, graines, aromates, parfums d'animaux (comme le musc, tiré d'une sécrétion glandulaire de certains mammifères) et matières premières synthétiques... Une manne complémentaire non négligeable en quantité quand on sait qu'en volume utilisé pour la conception générale des parfums, ce n'est pas une fleur qui arrive en tête, mais la mousse de chêne !
Néanmoins, pour trouver ce qui constitue la base de leurs compositions, c'est-à-dire les fleurs, les plus grands "nez" sont amenés à parcourir la planète s'ils veulent sélectionner les meilleures productions : jasmin d'Inde, patchouli d'Indonésie, vanille de Madagascar, ilang-ilang des Comores, iris de Toscane et, bien sûr, l'incontournable berceau de Grasse, cité-capitale de la parfumerie, constituent un tour du monde des senteurs les plus évocatrices.

Pour passer de la fleur au flacon, plusieurs procédés de transformation sont utilisés : l'enfleurage à chaud ou à froid, la distillation ou l'extraction par solvants.
L'enfleurage à chaud, l'une des méthodes les plus anciennes, est basé sur une technique de macération des fleurs dans des corps gras fondus.
L'enfleurage à froid consiste à mettre la fleur fraîche à plat, en contact avec un corps gras, et à faire absorber l'odeur de cette fleur par cette graisse, jusqu'à saturation.
De ces 2 méthodes, résulte l'obtention d'une pommade parfumée qui, battue, glacée, filtrée puis concentrée sous vide, donne l'"absolu", en fait la base d'un composant. La distillation repose sur le principe de l'évaporation puis de la condensation, qui produira, en fin de chaîne après refroidissement, de l'huile essentielle.
L'extraction par solvants, quant à elle, sert surtout à extraire les essences des écorces et des racines, plus délicates à traiter. Disposées à plat, celles-ci sont traversées par un solvant volatil qui entraîne dans son sillage les molécules odorantes de la matière première. Après filtrage et concentration sous vide, cette opération donne la "concrète".
Quant aux fruits, leurs zestes sont tout simplement pressés selon une technique particulière.

Mais l'imagination des parfumeurs a connu depuis quelques dizaines d'années une envolée fulgurante avec l'arrivée des matières premières synthétiques tout droit sorties des laboratoires de chimie. Sans rien retirer aux essences éternelles des matières premières naturelles, elles ont considérablement augmenté le nombre des combinaisons potentielles dans le domaine de la recherche. Depuis les années '50, il est en effet possible d'établir une sorte de carte d'identité moléculaire d'un parfum naturel pour ensuite le reconstituer synthétiquement. Ainsi, les senteurs impossibles à emprisonner, tels l'air marin ou le sous-bois, et les quelques fleurs "rebelles" à tout traitement (le lilas, le mimosa, ou l'œillet par exemple) peuvent maintenant faire leur entrée dans la composition de nouveaux parfums.

Source: fascicules parfums de rêve, éditions atlas


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